DELVILLE WOOD

LONGUEVAL - SOMME - FRANCE

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LA PREMIERE GUERRE MONDIALE

L'Afrique du Sud en 1914

Au déclenchement de la Grande Guerre, l'Afrique du Sud, en tant qu'Etat, n'existait que depuis seulement quatre ans. Douze années étaient passées depuis la conclusion de la Guerre Anglo-Boer de 1899-1902, conflit qui avait provoqué un chaos économique et politique sur l'Afrique du Sud et sa population. L'Union d'Afrique du Sud avait été créé le 31 mai 1910 comme dominion de l'Empire britannique, composée des anciennes colonies britanniques du Cap et du Natal, et des deux républiques Boer, the Zuid-Afrikaansche Republiek et la Oranje Vrijstaat.

Le Traité de Vereeniging qui mit fin à la guerre Anglo-Boer engendra une situation politique tendue. La difficulté devait seulement être résolue en 1994 avec la tenue des premières élections démocratiques en République d'Afrique du Sud. Les problèmes politiques qui émergèrent en 1910 tenaient au fait qu'une animosité subsistait entre les communautés d'origine hollandaise et d'origine britannique et également au fait que la population noire avait été totalement ignorée dans les accords. L'exclusion des Noirs mena à la création en 1912 de ce qui est aujourd'hui le parti politique au pouvoir, l'African National Congress (ANC).

L'animosité ressentie par les populations boer et noires d'Afrique du Sud était compréhensible. La stratégie britannique pour hâter la fin de la guerre avait eu pour conséquence la mort dans des camps de concentration d'environ 22 000 femmes, enfants et personnes âgées de la communauté boer et d'un nombre équivalent de Noirs. Leurs fermes, magasins et propriétés furent également dévastés.

La majorité de la population sud-africaine avait donc peu de raisons pour soutenir la Grande-Bretagne quand le premier conflit mondial éclata. Malgré ceci, quand le général Louis Botha, le Premier Ministre sud-africain et ancien commandant des forces Boer, assista à la Conférence impériale en 1911, il s'engagea à envoyer 40 000 hommes en Afrique du Sud-Ouest allemand et d'assurer ce territoire pour l'Empire. Botha devait tenir parole.

Louis  Botha (élément de fresque du Musée de Delville Wood)

A l'ouverture des hostilités, les toutes nouvelles Forces de Défense de l'Union furent mobilisées. Ces forces consistaient en une modeste Force Permanente, complétée par des unités de volontaires, d'associations de tir (composées essentiellement d'anciens commandos boers) et de la Réserve des Volontaires de la Royal Navy.

Le Loi de Défense de 1912 prescrivait que tous les citoyens sud-africains âgés de 16 à 60 ans étaient assujettis au service militaire, qu'ils soient dans ou hors des frontières de l'Union. Cette prescription incluait le service en Afrique du Sud-Ouest allemand (aujourd'hui la Namibie), mais excluait à l'origine tout service sur d'autres théâtres d'opérations, aussi bien africains qu'européens. Cette règle fut contournée par beaucoup de volontaires qui joignirent des unités "impériales" sous commandement britannique.

Afrique du Sud-Ouest allemand

Les Forces de Défense de l'Union engagèrent la campagne du Sud-Ouest Africain Allemand le 18 septembre 1914 par un débarquement en baie de Luderitz. Mais avant que les opérations contre les Allemands puissent se poursuivre, le général Botha dut faire face à une rébellion au sein même des Forces de Défense quand certains de ses éléments prirent le parti de l'Allemagne. Cette rébellion avait comme source les différents politiques évoqués ci-dessus. Après sa soumission, la campagne en Afrique du Sud-Ouest allemand reprit et s'acheva en juillet 1915 quand le gouverneur de la colonie allemande se rendit au général Botha. Les pertes sud-africaines s'élevaient à 241 tués et 263 blessés.

Jan Christiaan Smuts (élément de fresque du Musée de Delville Wood)

Afrique Orientale allemande

A la fin de 1915, la position alliée en Afrique Orientale semblait critique. Sur demande britannique, l'Afrique du Sud leva un contingent au service de l'Empire comprenant 10 régiments montés, 12 bataillons d'infanterie, 1 bataillon motocycliste, 6 batteries d'artillerie et deux unités de reconnaissance (Scouts). Les premières unités arrivèrent au Kenya et au Nyasaland (aujourd'hui le Malawi) en janvier 1916 et furent engagées dans les batailles autour du Mont Kilimanjaro en février et mars 1916.  Sous le commandement du général J.C. Smuts puis du général J.L. Van Deventer, les Sud-Africains avaient pour adversaire l'habile général allemand Paul Von Lettow-Vorbeck qui continua à combattre jusqu'à la fin de la guerre.

Askaris à Melangali en 1917 (Photo : Delville Wood Museum)

Au cours de l'avance du Mont Kilimanjaro à la voie ferrée centrale, les Sud Africains exécutèrent la plus longue marche forcée de la Première Guerre mondiale. Après une pause pour une réorganisation, les forces sud-africaines repoussèrent les Allemands de l'autre côté du Rufiji. Au total, elles avaient franchi 800 kilomètres à travers un des terrains les plus difficiles existant au monde.

Artilleurs sud-africains en Afrique Orientale allemande (Photo : Delville Wood Museum)

Alors que les forces sud-africaines en Afrique Orientale Allemande subirent relativement peu de pertes du fait de l'ennemi, elles furent lourdement frappées par les maladies tropicales. 43 477 Sud Africains servirent sur ce théâtre d'opérations et 75 pour cent d'entre eux furent évacués, frappés par la malaria, la dysenterie et les formes les plus virulentes de maladies parasitaires dues aux piqûres de tiques.

La 1re Brigade d'infanterie sud-africaine

A la demande du gouvernement impérial de fournir des troupes supplémentaires pour servir sur d'autres théâtres d'opérations, la 1st South African Infantry Brigade fut formée pour combattre en Europe sous le commandement du Brigadier general H.T. Lukin.  Cette brigade,  comprenant quatre régiments, les 1st SAI (Cape Province), 2nd SAI (Natal and Organge Free State), 3rd SAI (Transvaal and Rhodesia) et 4th SAI (South African Scottish), comprenait 160 officiers et 5 468 hommes du rang à son arrivée en Angleterre en novembre 1915. Bien que la Brigade soit entraînée pour servir sur le Front Occidental, elle fut d'abord envoyée en Egypte. Aux côtés de forces impériales, elle prit part aux opérations contre les Senussi encadrés par les Turcs. La campagne fut menée avec succès et, le 20 Avril 1916, la Brigade débarquait à Marseille pour rejoindre le front Ouest.

Arrivée du 4e Régiment d'infanterie sud-africain à Marseille, précédé de sa mascotte Nancy (Photo : Delville Wood Museum)

Lancée le 1er juillet 1916 après un bombardement d'artillerie d'une semaine, la Bataille de la Somme s'acheva dans la boue en novembre. En tant que composante de la 9th (Scottish) Division, la Brigade d'infanterie sud-africaine entra dans la zone de bataille le 2 juillet et, le 4, prenait position dans le secteur de Glatz Redoubt, près de Montauban-en-Picardie. Le 8 juillet, des éléments de la  Brigade se trouvaient dans le Bois Bernafay et soutenaient, le 10, les attaques britanniques sur le Bois des Trônes  Cette première semaine de combat coûta 537 hommes à la Brigade.

Le 15 juillet 1916, la Brigade, comprenant 121 officiers et 3032 hommes du rang, reçut la mission de prendre et de tenir le bois "à tout prix". Durant cinq nuits et six jours, les Sud-Africains luttèrent contre diverses unités du 4e Corps d'Armée allemand. Surpassés en nombre et attaqués sur trois côtés, pratiquement décimés, ils parvinrent après de d'âpres combats, allant jusqu'au corps à corps, à conserver une partie du bois. A la relève, le 20 juillet, seulement 142 hommes sortirent de ce qui restait du bois. Quand la Brigade se rassembla, il ne demeurait que 780 hommes valides :  763 avaient été tués et 1709 avaient été blessé parmi lesquels de nombreux devaient succomber dans les mois ou les années suivantes.

LA BATAILLE DU BOIS DELVILLE

La Bataille

Sud Africains tombés au combat

Décorations

Victoria Crosses

L'effectif de la Brigade sud-africaine

Infanterie britannique

Journal du Pvt Giddy

Mémoires d'Arthur Betteridge

Infanterie allemande

Letter from Lance Corporal Frederick Charles LEE (3rd S.A.I.)

Liste des soldats britanniques tués à Delville Wood / Longueval en juillet-septembre 1916

Documents téléchargeables

En octobre 1916, la Brigade fut  de nouveau engagée dans la bataille de la Somme, à la Butte de Warlencourt, y subissant de nouveau des pertes élevées. En 1917, elle combattit à Arras et à Ypres. En mars 1918, durant l'offensive allemande, elle fut presque annihilée aux Bois Gauche et de Marrières, dans la Somme. Les vestiges de la Brigade luttèrent en avril et mai à Messines, Wytschaete et autour du Mont Kemmel. Leur effectif réduit à la taille d'un bataillon, les survivants de la Brigade prirent part à la capture de Meteren en juillet. L'unité quitta finalement la 9th (Scottish) Division, fut reconstituée en Angleterre et joignit la 66th(East Lancashire) Division en septembre 1918.

66th (East Lancashire) Division

Participant à l'Avance vers la Victoire, la Brigade d'infanterie sud-africaine eut l'honneur, le 11 novembre 1918, d'être l'unité de l'armée britannique la plus à l'est en France.

             Les pertes totales de la Brigade approchaient les 15 000 hommes (dont 5000 tués), soit presque 300 pour cent de l'effectif d'origine.

South African Heavy Artillery

Six batteries de l'artillerie lourde sud-africaine servirent en France et en Belgique de 1916 à 1918.

71st Siege Battery, R.G.A.

72nd Siege Battery, R.G.A.

73rd Siege Battery, R.G.A.

1916-1917 Ypres, Somme

1917  Bullecourt, Croisilles, Ypres, Cambrai

1918  Givenchy, Hulluch, la Scheldt

1916-1917 Ypres, Somme

1917  Arras, secteur de Lens, Ypres

1918  Ypres, Arras, Cambrai

1916-1917 Somme

1917  Vimy, Ypres

1918  Givenchy, Hulluch, la Scheldt

74th Siege Battery, R.G.A.

75th Siege Battery, R.G.A.

125th Siege Battery, R.G.A.

1916 Somme

1917  Arras, Ypres

1918  Ypres, Arras, Cambrai

1916-1917 Somme

1917 Ypres

1918  Ypres, Arras, Cambrai

1916-1917 Somme

1917  Arras, secteur de Lens, Steenvoorde

1918  Givenchy, Hulluch, la Scheldt

South African Native Labour Corps

            Alors que le conflit se prolongeait, le front occidental devint un gouffre insatiable réclamant de plus en plus d'hommes pour remplacer ceux qui étaient tombés. De plus, les hommes des premières lignes devaient être supportés par de grands effectifs sur les lignes de communication.

             90 000 Sud Africains noirs et métis furent levés en Afrique du Sud pour des tâche de travail et de transport. Plus de 25 000 volontaires noirs servirent en France au sein du  South African Native Labour Contingent (SANLC) pour fournir le soutien aux troupes combattantes. Beaucoup d'entre eux furent au contact des sombres scènes du champ de bataille. La plupart, cependant, servirent dans les grands ports français, Le Havre, Rouen, Boulogne, Calais et Dunkerque, déchargeant des millions de tonnes de  munitions et de ravitaillement indispensables à la poursuite de la guerre sur le front occidental.

             Le 16 janvier 1917, le transport de troupe Mendi appareilla du Cap pour Le Havre transportant un contingent du SANLC de 802 soldats noirs, 5 officiers blancs et 17 sous-officiers. Le matin brûmeux du 21 février 1917, un autre navire, le Darro, navigant à pleine vitesse et n'émettant aucun signal, éperonna le SS Mendi, qui coula en 25 minutes. 626 hommes du SANLC périrent dans ce naufrage. La plupart d'entre eux sont commémorés sur le mémorial aux disparus en mer d'Hollybrook à Southampton.

Les pertes totales du SANLC en Europe s'élèvent à 1120 hommes. 260 d'entre-eux reposent dans le cimetière britannique d'Arques-la-Bataille, près de Dieppe, où le  N°1 General Labour Hospital était installé.

Arques-la-Bataille

             Au cours de la campagne en Afrique Orientale allemande, le support du South African Native Labour Corps fut essentiel et beaucoup d'hommes de ce corps périrent en raison de la dûreté du travail et des conditions sanitaires.

Cape Corps

En décembre 1915 fut formé le Cape Corps, unité de soldats métis. Le 1er Battalion combattit sous commandement britannique en Afrique Orientale puis en Palestine s'y distinguant en septembre 1918 lors de la prise de Square Hill, une importante position turque. Le 2nd Battalion servit en Afrique Orientale allemande.

Hommes du 1er Battalion du Cape Corps (160th Brigade, 53rd Welsh Division) - Palestine 1918 (Photo : Delville Wood Museum)

Au total, les deux bataillons perdirent 545 tués.

Autres unités sud-africaines servant en Europe ou en Palestine

South African Medical Corps

Un Hôpital général sud africain était installé à Richmond, en Angleterre, et un autre se trouvait à Abbeville, dans la Somme.

Bailey's South African Sharpshooters

Recrutée et financée par Sir Bailey, cette petite unité de tireurs d'élite (un total de 24 hommes y servirent) combattit sur le Front Ouest de 1916 à 1918 dans une division britannique

South African Field Artillery

Plusieurs batteries servirent en Palestine sous commandement britannique

Cape Auxiliary Horse Transport Companies

8 compagnies de conducteurs métis servirent au sein du Army Service Corps dans le nord de la France.

South African Signal Company (Royal Engineers)

Compagnie de transmission du XV Corps : 1916-1917 Somme, 1917 Côte des Flandres, 1918  Lys et avance dans les Flandres

South African Railway Companies

Travaux sur les voies ferrées légères en zone avancée du front.

Miscellaneous Trade Companies

Atelier de locomotives de St Etienne-du-Rouvray, près de Rouen.

Personnel et patients de l'hôpital sud-africain d'Abbeville (Photo : Delville Wood Museum)

Batailles honorifiques attribuées aux forces sud-africaines

Pertes

 11575 Sud Africains perdirent leurs vies durant la Grande Guerre. Parmi eux, plus de 3000 servaient dans des unités impériales.